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VAE : un gain potentiel pour le salarié comme pour l'entreprise

Démos a publié voici quelques jours une série de statistiques sur la validation des acquis de l’expérience tirés de données publiées par la Dares ou encore l’Education nationale. On y apprend entre autres que 310 000 certifications ont été délivrées entre 2003 et 2014, dont 25 600 pour l’année 2014. 42% des démarches engagées ont abouti à une validation complète. David Rivoire, fondateur de VAE les 2 Rives nous livre son analyse.

310 000 certifications délivrées entre 2003 et 2014, ce chiffre semble à la fois élevé et faible au regard des besoins…

Tout dépend en effet du point de vue de départ. Aujourd’hui, des millions de Français n’ont aucun diplôme et 140 000 jeunes quittent chaque année le système éducatif sans rien en poche. La VAE serait pour ces personnes un moyen idéal de décrocher un diplôme de manière différée. Utile lorsque l’on sait à quel point la France est un pays très traditionnel de ce point de vue. Dans ces conditions, 310 000 certifications en 11 ans, ce n’est pas très élevé.

En 2008, le rapport Besson évoquait 6 millions de bénéficiaires potentiels immédiats. On en reste loin. Une évaluation complète de la procédure de Validation des acquis de l’expérience est d’ailleurs en cours pour répondre à cette question : Pourquoi n’en fait on pas plus en matière de VAE ?

On peut aussi réagir positivement et se dire que 310 000 VAE réussies, c’est un vrai changement du point de vue des mentalités, là où rien n’existait voici une douzaine d’années…

C’est tout à fait vrai. Dans ces conditions, 310 000 certifications, ce n’est pas si mal. Mais cette statistique pourrait être bien plus élevée si la VAE était abordée différemment.

Je m’explique : aujourd’hui, 42% des démarches aboutissent à une validation complète, ce qui signifie que près de 700 000 personnes au total se sont lancées dans l’aventure. Mais il s’agit déjà de la 2eétape de la démarche ! Combien ont échoué lors des toutes premières démarches, à identifier le diplôme dont elles avaient besoin ?

Aujourd’hui, on estime qu’il existe un rapport de 1 à 3 entre le nombre de personnes qui envisagent une démarche et les dossiers effectivement jugé recevables. (1) Entre temps, les pertes sont considérables. Difficultés à identifier le diplôme auquel on peut prétendre, difficulté à réaliser les premières démarches administratives, le travail réalisé par les points relais conseil est important, mais il s’avère encore insuffisant.

Autre point préoccupant, le fait qu’aujourd’hui, alors que le dispositif est en place depuis longtemps, les statistiques n’évoluent plus significativement. Dernière question que je pose : si 42% des candidats décrochent un diplôme complet après leur VAE, que deviennent les 58% n’ayant décroché qu’une validation partielle ? Comment récupérer par exemple le module d’économie d’un BTS ? Nous sommes longtemps resté sans vraie solution. Résultat, une validation partielle est souvent vécue comme un échec.

Heureusement, la loi du 5 mars privilégie une logique de parcours dans lequel une validation partielle peut être une première étape avant l’obtention des derniers modules.

« Grâce au CPF, la VAE voit son statut mieux reconnu »

Le CPF qui peut désormais finacer l’accompagnement à la VAE a-t-il facilité les choses ?

Tout à fait. Auparavant parent pauvre du DIF, la validation des acquis de l’expérience voit son statut mieux reconnu. Mais si le CPF facilite l’accompagnement des candidats une fois leur dossier déclaré recevable, il faudrait pour véritablement encourager la VAE débuter cet accompagnement dès la constitution du dossier de recevabilité.

La VAE encourage pourtant une vraie réflexion sur son parcours…

Passer plusieurs mois à revoir sa carrière pour mieux cerner ses acquis constitue en effet une démarche fondamentale pendant laquelle le salarié va prendre un recul considérable par rapport à son parcours. De quoi prendre conscience de ses réalisations et gagner en confiance. Le gain potentiel est immense pour le salarié mais aussi pour l’entreprise.

(1) en 2008, le rapport Besson estimait à 6 millions les candidats potentiels à la VAE, puis à 200 000 par an le nombre de personnes s’informant réellement sur la démarche. Sur ce total, seuls 75 000 candidats déposaient un dossier, 59 000 étaient déclarés recevables, pour 26 000 certifications complètes. Des chiffres encore très proches des statistiques 2014 (lire ci-après).

LA VAE EN CHIFFRES :

– 310 000 certifications délivrées entre 2003 et 2014.
– 42% de validations complètes.
– 61 300 candidats enregistrés comme recevables.
– 42 400 candidats présentés devant un jury.
– 25 600 candidats ayant validé une certification complète.
– 41% des candidats ont entre 40 et 49 ans.
– 73% sont des personnes en emploi.
– Les certifications les plus demandées sont :

– Diplôme d’Etat d’Aide-soignant
– Diplôme d’Etat d’Auxiliaire de vie sociale
– CAP Petite enfance
– Diplôme d’Etat d’Educateur spécialisé
– Diplôme d’Etat d’auxiliaire de puériculture

Côté financements, la prise en charge moyenne était en 2014 de 1319 euros pour les salariés en CDI. Ce chiffre concerne les démarches de VAE dans le cadre d’un congé individuel de formation (CIF), tous organismes paritaires collecteurs agréés (Opca). La moyenne est 1278 euros en moyenne pour un CIF-CDD

LA VAE vu comme un gain potentiel pour l’entreprise et le salarié

La VAE ou Validation des Acquis de l’Expérience est une mesure qui permet à toute personne, quel que soit son âge, son niveau d’études ou son statut, de faire valider les acquis de son expérience pour obtenir une certification professionnelle. Trois années d’expérience en rapport avec le contenu de la certification visée sont nécessaires.

Ce dispositif est encore sous-utilisé puisque selon les chiffres de la DARES  seules 310 000 certifications ont été délivrées entre 2003 et 2014.

Pourtant La VAE permet d’obtenir, en totalité ou en partie, un diplôme, un titre ou un certificat de qualification professionnelle inscrit au Répertoire national des certifications professionnelles (RNCP).

Un accompagnement est proposé au bénéficiaire et le financement est assuré soit par le compte formation CPF soit par l’OPCA ou le Fongecif.

Initier une démarche de VAE suppose, pour tout salarié, de s’inscrire dans une perspective de développement personnel et professionnel, qui nécessite bien souvent un effort important et soutenu. C’est désormais l’occasion, d’obtenir le titre ou le diplôme correspondant au poste occupé ou souhaité.

Un accompagnement VAE est en général d’une durée de 6 à 12 mois. Cette réflexion de plusieurs mois à revoir sa carrière et mieux identifier ses acquis et ses atouts, représente une démarche fondamentale pendant laquelle le salarié va prendre un recul considérable par rapport à son parcours. Cela engendre une prise de conscience de ses réalisations et permet de gagner en confiance. Le gain potentiel est immense pour le salarié mais aussi pour l’entreprise.

Si vous souhaitez plus d’informations sur la VAE nous vous proposons un atelier prochainement.